Addictions : un accompagnement inconditionnel et personnalisé

L’accueil inconditionnel est au cœur des pratiques sociales de la Fondation de l’Armée du Salut. Ce principe implique un défi de taille : accompagner les personnes accueillies dans toutes les dimensions de leurs consommations, qu’il s’agisse de drogues, d’alcool, ou des conduites addictives qui y sont liées.

Une démarche engagée depuis 2024

Depuis le début de l’année 2024, la Fondation a mis en place une démarche de réduction des risques et des dommages (RdRD) au sein de ses établissements. Ce choix répond à un constat : les personnes en situation de précarité présentent des consommations plus fréquentes, plus risquées, et plus difficiles à accompagner dans une logique d’abstinence stricte. Les publics accueillis diffèrent toutefois selon les établissements. Cette réalité complexe rappelle que le parcours des personnes accompagnées est rarement linéaire. Comme le rappelle Françoise Lefevbre, directrice de la résidence Henri Durand à Louviers (Eure), « le but de l’accompagnement sur les addictions est de faire prendre conscience des possibles …et de faire prendre conscience des risques divers (risque de santé, risque de perte d’emploi, risque budgétaire et perte de logement, risque de perte de liens sociaux et familiaux, risque de perte de la garde des enfants…) »

Transformer le regard sur les consommations

Face à ce constat, la Fondation vise à transformer l’approche des consommations de drogue et/ou d’alcool au sein de ses établissements. Cette transformation passe notamment par un renforcement des liens entre les professionnels de l’addictologie et les équipes des établissements, via des actions de formation. Une coopération se met en place entre trois partenaires — l’Assurance Maladie, les établissements, et la Fédération Addictions France.

Mobiliser les personnes accompagnées

Un autre pilier essentiel de cette démarche est l’implication directe des personnes concernées. La Fondation cherche à les mobiliser et à les investir pleinement dans la mise en place du plan de réduction des risques, afin qu’elles soient actrices de cette action et non simples destinataires.

Dans notre établissement de Reims, des interventions avec les résidents ont lieu tous les 15 jours au sein de l’établissement. Les thèmes sont, par exemple, le mois sans tabac, l’alcool, une journée Dry January ou bien encore les dispositifs d’accès aux soins. Cela passe également par la proposition d’un accompagnement individuel pour proposer une consommation moins addictive. Souvent, l’addiction cache une problématique de souffrance (symptômes psychiatriques à effacer ou atténuer, souffrance psychique engendrée par un parcours de vie, un traumatisme …)

Des résidents sont invités à participer à une réunion
©JulienHelaine;Julien Helaine

Une approche fondée sur la responsabilisation

Il ne s’agit ni de culpabiliser la personne, ni de lui interdire de consommer. La démarche consiste à l’accompagner vers une consommation à moindre risque, dans une logique de responsabilisation plutôt que d’interdiction. L’objectif est de poursuivre et renforcer la démarche RDRD en s’appuyant sur cette dynamique partenariale, et d’être à l’écoute des besoins des personnes accompagnées, vers le mieux-être. A Louviers, des casiers sont proposés aux résidents où ils peuvent placer leur bouteille d’alcool. Cela les incite à boire moins. C’est aussi le cas à Reims où l’alcool est aussi autorisé dans l’établissement.  Les personnes accueillies disent elles-mêmes que la possibilité de consommer dans l’établissement a un effet direct sur les comportements : moins de consommation massive, moins de mise en danger, moins de violence, moins d’effet de groupe.

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FAQ

Comment les personnes accompagnées sont-elles impliquées dans leurs addictions ?

Elles sont mobilisées pour devenir actrices du plan de réduction des risques plutôt que simples destinataires. Par exemple, à Reims, des interventions ont lieu tous les 15 jours sur des thèmes comme le mois sans tabac, l’alcool, le Dry January ou l’accès aux soins.

Pourquoi la Fondation a-t-elle choisi cette approche plutôt que l'abstinence stricte ?

Parce que les personnes en situation de précarité présentent des consommations plus fréquentes, plus risquées, et plus difficiles à accompagner selon une logique d’abstinence stricte. La RdRD est plus adaptée à ces réalités

Qu'est-ce que l'accueil inconditionnel dans le contexte des addictions à la Fondation de l'Armée du Salut ?

C’est un principe fondamental qui consiste à accompagner les personnes accueillies dans toutes les dimensions de leurs consommations (drogues, alcool, conduites addictives associées), sans exclusion ni condition préalable.